Trait pour trait : à Questembert, le cheval divise

Les deux chevaux de trait attelés à une calèche à Questembert, à l’arrêt dans la rue

À Questembert, les deux juments de race bretonne, Havane et Gladez, sont au coeur d’une controverse nationale. Ces chevaux de trait, appelés « chevaux territoriaux », participent à diverses missions de service public : collecte des déchets, transport scolaire, animations festives. Cette initiative, adoptée par environ 300 communes en France, vise à promouvoir une approche écologique et sociale du service public .

Cependant, une pétition lancée par Serge Buchet, conseiller municipal de Rochefort-en-Terre et membre du parti Révolution Ecologique pour le Vivant, remet en question cette pratique. Avec plus de 25 000 signatures, la pétition dénonce l’utilisation des chevaux comme une forme d’exploitation animale, soulignant les conditions de travail sur des routes goudronnées et au milieu de la circulation .

En réponse, une contre-pétition a recueilli plus de 18 000 signatures, défendant l’utilisation des chevaux de trait dans les services municipaux. Les partisans affirment que les chevaux sont bien traités, travaillent un maximum de quatre heures par jour et bénéficient de soins attentifs.

Le maire de Questembert, Boris Lemaire, soutient cette position, affirmant que les chevaux sont surveillés de près et mis au repos dès le moindre doute sur leur santé .

Le débat soulève des questions plus larges sur l’utilisation des animaux dans les services publics et les pratiques écologiques. Alors que certains voient dans l’utilisation des chevaux de trait une alternative durable aux véhicules motorisés, d’autres y voient une régression et une exploitation animale. Cette controverse reflète les tensions entre traditions locales, préoccupations écologiques et bien-être animal.

À l’heure actuelle, la municipalité de Questembert maintient sa position, soutenue par une partie de la population locale et des défenseurs de l’utilisation des chevaux de trait. Le débat continue, illustrant la complexité des choix écologiques et éthiques dans les services publics.

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